Najib Mikou

La science-reality tragique et déprimante, que nous projette Gaza pendant ces dix derniers jours, n’est ni une science fiction ni un film d’horreur. C’est l’horreur même d’un quotidien malheureusement réel, dans son ultime paroxysme.

Les mots et les choses tirent leur révérence face à cette tragédie inhumaine. Plus rien à dire, plus rien à écrire. Le silence assourdissant doit prendre ses quartiers et chasser à jamais la parole et l’écrit qui ne servent plus à rien tant ils sont incapables de décrire ou de commenter ou d’arrêter ce qui se passe.

La douleur me consume, me déconcerte, me désole, me consterne sur cette déchéance “humaine” à laquelle la cruauté de mon existence me fait assister. J’aurais aimé mourir avant cet apocalypse et être oublié à jamais. J’ai honte de me considérer un humain parmi ces humains et de voir mes semblables capables de ce pire.

Comment peut-on en arriver là ?!! Comment peut-on être de si grandes puissances du monde et ne pas réagir, ne pas agir pour stopper ce massacre, cette démission de l’âme, cette démission de l’humain dans l’animal en nous ?!!

Ceci dit, l’histoire, encore elle, ce grand registre des tragédies, ces annales des crepuscules et des aurores, nous sauve en nous enseignant que rien n’est jamais fini, qu’après la déchéance abyssale, rebondit l’espoir.

Tant que demain n’est pas déterminé ni écrit à l’avance, et même s’il l’était on ne sait absolument rien de sa teneur, l’importance d’individus qui transcendent leur temps, et donc de l’action politique visionnaire, prospective, animée de noblesse et d’intelligence humaines distinctives de cet espèce, peut insuffler le meilleur qui chassera ce pire.

C’est ici et maintenant, en plein milieu de cet embrasement collectivement suicidaire, de ces débris de corps innocents des deux bords, que l’action pour la paix et pour la création de deux États voisins, souverains et indépendants, Palestine et Israël, doit s’exprimer et s’imposer avec force. Son chemin est balisé. Il n’y a pas mieux que maintenant pour l’emprunter. Il n’y a pas mieux que les pires moments pour construire les meilleurs lendemains.