Najib Mikou
Malgré les notes d’analyses successives, d’entités bancaires spécialisées et crédibles, qui affichent des profils financiers solides avec des PE en régulière baisse, et des projections alléchantes des sociétés cotées, auxquelles je souscris, notre Place boursière persiste à être déconnectée des performances des sociétés cotées et à être connectée plus que toute autre Place au monde, aux zones de conflits et de crise.
D’où le fait qu’elle est en berne depuis le mois de septembre de l’année dernière jusqu’à être aujourd’hui à -6%. Et ce, à un moment où :
• la stabilité de notre pays constitue un atout majeur très recherché et envié,
• les fondamentaux économiques du pays sont solides,
• l’inflation a été jugulée et maîtrisée à un niveau entre 0,9 et 2%,
• le taux directeur de la Banque Centrale a été ramené à 2,25%,
• les sociétés cotées n’ont jamais été en meilleure santé ni n’ont affiché des résultats aussi élevés,
• l’Économie nationale réalise des taux de croissance oscillant entre 4,5 et 5,5%,
• les projets d’investissement tout aussi privés que publics, atteignent des niveaux inédits en nombre et en valeur,
• le management de cette même Place, mène une campagne soutenue pour encourager les introductions en bourse et promouvoir de nouveaux compartiments pouvant attirer des pans importants de l’Economie vers la Bourse,
• l’État a adopté depuis l’année dernière déjà, un dispositif de réduction de l’impôt sur les dividendes d’une façon graduelle sur 3 ans, et compte de plus en plus sur cette Place comme moyen d’importance dans le financement de l’Economie nationale.
Des voix attribuent la baisse persistante au fait que notre Place boursière a accumulé des bénéfices importants pendant les années précédentes et qu’elle est en train de les pondérer. Au moins trois arguments réfutent cette logique :
1- en dehors de données exogènes, seule les indicateurs financiers d’une société cotée et le potentiel de son secteur d’activité, peuvent, doivent influencer l’évolution de son cours et la décision de l’investisseur.
2- en dehors des institutionnels, les détenteurs du titre ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre : ceux qui ont engrangé des bénéfices en 2024 ou 2025 ne sont pas forcément ceux qui perdent de l’argent aujourd’hui. Et donc ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une pondération, mais une perte sèche pour les détenteurs actuels des titres.
3- la Place boursière de Casablanca n’est nullement chère pour qu’on en fasse une raison de justifier sa baisse persistante. Bien au contraire. Quasiment tous les analystes s’accordent à dire qu’on est actuellement face à une décote importante qu’ils estiment entre 20 et 35% selon les titres.
Une telle situation qui perdure, discrédite notre Place boursière, casse la confiance des investisseurs aussi bien marocains, dont la petite épargne, qu’etrangers, et porte atteinte au sérieux et à l’image du pays.
















