J’ai fait ce matin du 26 février, la 1ère injection du vaccin anti-Coronavirus, dans un dispensaire de la banlieue de Bouskoura à Casablanca. Je suis encore plus fier de mon pays : une organisation exceptionnelle, une équipe médicale performante et des autorités locales exemplaires. Ce n’est évidemment pas la clinique “Val d’Anfa”, mais pas du tout besoin : le strict nécessaire est là, dans la dignité, la propreté et la responsabilité. Le fait le plus marquant, qui m’a conféré un sentiment de bonheur tout particulier, c’est que ici il n’y a de segmentation ni financière ni sociale. Des citoyens de toutes les couches sociales, sont là, ensemble, dans une proximité chaleureuse, une égalité sans faille et un respect mutuel, distinctifs de mon Maroc que j’aime du plus profond de moi-même, où l’oxygène social n’est pas toxique. Bien au contraire, il donne du baume au cœur et beaucoup de sérénité. Car malheureusement dans notre vie quotidienne hors Coronavirus, tout segmente les gens et les espaces : hôpital public-clinique privée, école publique-école privée, logement économique-quartiers résidentiels…etc.

On a beaucoup perdu en convivialité, en proximité, en brassage social, en solidarité, dont je suis éperdument attaché.

Je me suis senti bien ce matin, le temps d’un vaccin.

Najib Mikou