Le Président algérien va certainement user et abuser, aussi bien en intra-muros qu’à l’international, de ce dernier taux de participation électorale en France, pour justifier ses débâcles électorales successives toutes récentes.

C’est là le plus grand danger de tels votes : c’est que des dirigeants mal élus, puissent s’en servir pour justifier et banaliser la désaffection de leurs peuples.

Oui, il peut arriver qu’on ait en démocratie des taux de participation faibles, mais les trois dernières élections en Algérie, étaient exceptionnelles à tous points de vue, et donc incomparables avec d’autres nulle part ailleurs :

  • c’était un vote pour une présidentielle qui survient après la destitution forcée, par le peuple, du précédent président,
  • c’était un vote pour une lourde révision constitutionnelle qui devait sceller un nouveau pacte politique et social entre le peuple et une nouvelle classe politique,
  • et c’était enfin, un vote au titre d’élections législatives anticipées pour installer dans tous les compartiments élus, des élites qui serviraient de bras opérationnel de mise en œuvre dudit nouveau pacte.

Le discrédit est sans appel : successivement 40% pour les présidentielles, 27% pour la révision Constitutionnelle et 30% pour les législatives. Avec qui plus est, 25% de votes blancs à chaque fois.

Un véritable KO technique et politique pour des militaires que le peuple n’aime voir que dans ses casernes et non plus dissimulés dans tous les étages du Pouvoir.

Ceci dit, la démocratie partout dans le monde, doit être un véritable outil de gouvernance représentatif, compétent, constant et inclusif de toutes les potentialités et les voix d’une nation, au lieu qu’elle soit réduite à un système verrouillé, déconnecté de la vie publique jusqu’à ne plus être portée que par des votes minoritaires au profit d’intérêts encore plus minoritaires et impopulaires.

Le monde n’a jamais eu autant besoin d’une démocratie 2.0 pour y parvenir.

Najib Mikou